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Musique classique et opéra par Classissima

Hector Berlioz

mercredi 7 décembre 2016


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Compte rendu, concert. Lille, Nouveau Siècle, le 1er décembre 2016. Probst, Berlioz, Prokofiev… Orch national de Lille. Jean-Claude Casadesus, direction.

Classiquenews.com - ArticlesCompte rendu, concert. Lille, le 1er décembre 2016. Jean-Claude Casadesus, ONL. Volet 1 “L’Amour et la Danse”… En préambule et comme pour chauffer progressivement l’orchestre, c’est d’abord une partition contemporaine, exigeant de tous les pupitres – en particulier dès les premiers tutti du début (fracassants et lumineux, ce sont de vrais carillons orchestraux résonnant comme des appels à l’éveil): « Nuées » de Dominique Probst (né en 1954), -partition efficace dans sa durée, contrastée dans son déroulement, – créée en octobre 2014, alliant énergie, mais aussi allusions intérieures savamment dosées (solos successifs de la flûte, du hautbois puis du violoncelle…), soit une série de visions, de plus en plus affirmées, inspirées manifestement par le lyrisme d’une nature grandiose, à mesure que la partition prend de la hauteur, jusqu’aux Nuées annoncées… Dans son développement premier, l’œuvre dévoile de somptueuses alliances instrumentales – qui traduisent une sensibilité concrète pour une forme de plasticité sonore (clarinettes / flûtes). Sous la direction de Jean-Claude Casadesus (en réalité le frère du compositeur), les instrumentistes occupent le bon espace, accordant largeur de vue et sonorité épanouie, concentrés jusqu’au terme de l’opus, dans un périple au dramatisme croissant d’un souffle progressif. Les musiciens prennent possession du formidable espace de l’Auditorium du Nouveau Siècle, – affirmant une volonté collective indiscutable, ne serait-ce que par cette sonorité d’emblée affirmée, vive, nerveuse… électrique ; incontestablement la salle lilloise est l’écrin idéal, adapté aux concerts éclectiques et généreux de l’Orchestre national de Lille. Tout au long du concert, le chef maître des lieux veille à l’équilibre sonore, attentif à l’éloquence directe de chaque pupitre, au relief de chacun des instruments solos, mis en avant par l’écriture musicale. Jusqu’au final, conçu comme la reprise flamboyante des carillons du début, la matière sonore se déploie dans une texture de plus en plus généreuse, d’une clarté qui frappe par le sens d’une exaltation revendiquée. L’ivresse des hauteurs et la conquête des altitudes ont porté chef et instrumentistes. L’élan irrépressible exprimé par cette mise en orbite de l’’orchestre vers des nuées vertigineuses, traduit dans la thématique du concert : L’amour, la danse…, le volet spirituel de la soirée. A Lille, Jean-Claude Casadesus, ardent, engagé, inaugure son nouveau cycle symphonique PROBST, BERLIOZ, PROKOFIEV 3 facettes de l’amour inconditionnel… Au jeune Berlioz qui suit, une autre ivresse, vénéneuse celle-ci et fatale, c’est à dire hautement tragique : le mérite d’évoquer alors, en fin de première partie, l’amour passionnelle, radicale, sombre de la reine Cléopâtre. Dans la cantate « La mort de Cléopâtre », on reconnaît immédiatement l’orchestration filigranée, sertie de mille nuances incandescentes imaginées par le jeune compositeur alors candidat pour le Prix de Rome : essayiste malheureux quoique récidiviste dont le langage violent, harmoniquement audacieux, d’une âpreté suspecte, a finit par terrifier le jury de l’époque (dont Boïeldieu comme le rappelle la notice du programme). Jean-Claude Casadesus affirme un climat nerveux, tendu, électrique, totalement suspendu à la respiration de la chanteuse dont à défaut de vraiment comprendre la totalité du texte, on se délecte de la beauté onctueuse du timbre, comme celle d’une soie réellement royale. La sensibilité du chef capte et saisit chaque frémissement, indice de la lente destruction de l’Egyptienne, veuve de César et qui s’abîme progressivement dans l’ombre la plus glaçante. Précis, d’un geste sûr, économe, Jean-Claude Casadesus connaît la langue berliozienne comme il respire ; distillant le fluide tragique et maudit auprès d’un orchestre pointilliste, acéré comme le croc de l’aspic qui va bientôt mordre la chair royale, un collectif concentré, affûté, lui répondant au doigt et à l’oeil. Tout au long du récitatif accompagné, préludant à l’air qui va suivre, l’auditeur mesure l’activité prodigieuse de l’orchestre imaginée par Berlioz, attentif aux déchirements qui bouillonnent dans l’âme de l’héroïne ; c’est une voilure scintillante, véritable chant des secousses qui éteignent le cœur de la femme détruite. Puis basculant peu à peu dans une dépression mortifère, l’orchestre éclaire une superbe scène d’introspection, où la soliste doit insuffler une lente transe libre et tragique jusqu’à son dernier souffle. Carnassier et félin, le jeune Berlioz conçoit le groupe instrumental comme un cercle de timbres prédateurs, déjà assoiffée du sang de leur victime : cette cantate revêt alors la couleur globale qui a tant frappé les premiers auditeurs (de surcroît rien qu’au piano puisque les membres du jury n’avaient pas comme nous, la palette de tout l’orchestre pour mesurer le génie des jeunes candidats présents pour le Prix de Rome). Sa couleur est du lugubre le plus saisissant, éloquent dans la marche sombre et grave qui dessine en définitive le tombeau minéral de la souveraine : invoquant les souverains d’Egypte qui l’ont précédée, Cléopâtre s’enfonce dans l’antre froide du sépulcre, puis, après la morsure de reptile, sur l’ultime mot déclamé retrouve dans la mort l’apaisement final et le seul amour qui ait jamais valu dans sa carrière : César. La scène qui ressuscite le sublime de Gluck, grandiose et digne comme un bas relief sculpté, réactive le nerf sanglant de l’histoire antique. Chef et instrumentistes savent en exprimer la noblesse altière, une tension hallucinée où pas une mesure n’est de trop, jusqu’aux dernières convulsions de la proie, passant de vie à trépas. La qualité du silence qui succède à la dernière note, indique combien l’audience a été saisie, captivée par l’articulation musicale d’une scène dont la structure suit étroitement les sections du texte. C’était une mise à mort, impériale et presque hautaine, magnifiquement assumée par la dignité et la posture naturelle de la mezzo-soprano Hermine Haselböck, au port de reine impeccable. Même agonie plus proche de nous, et dans un langage néoclassique mais viscéral et organiquement quasi primitif pour ce qui suit (après la pause): de la Suite complète du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev, Jean-Claude Casadesus cisèle une lecture d’une violence inexorable inouïe, sachant exprimer l’innocence et la candeur des jeunes amants de Vérone, comme le démonisme de la machine orchestrale destinée à les broyer. Quand ici meurt Juliette, c’est toute l’humanité qui meurt, explosion spectaculaire d’un cynisme dont le chef traduit exactement la menace, les climats angoissés, la terrifiante machine meurtrière et la barbarie glaçante qui l’inspire, comme, trop fugace, l’infini de la pureté de leur amour partagé. Précis là encore, et toujours prêt à s’abandonner dans l’effusion libérée d’un instrument soliste (en particulier, clarinette et saxophones…), dont il aime nous transmettre l’onctuosité poétique, le chef convainc par la fermeté de sa direction, la maîtrise de la tension, l’éclat sidérant des contrastes, entre tutti d’une ironie glaçante, et épisodes d’une insouciance recouvrée. La pureté d’un amour juvénile sans calcul, ardent, lumineux ; et face à lui, les machinations des familles et la perversité d’un destin aux quiproquos fatidiques. Sculptant la pâte orchestrale comme une lave éruptive, d’une intensité magistrale, capable de ciselure instrumentale comme d’électricité collective, le maestro montre combien il est capable de sidération symphonique. Les tutti exhalent l’âpreté du destin tragique, comme l’impuissante candeur des jeunes victimes, Roméo et Juliette. L’intelligence de la vision, sa force comme sa tendresse édifient une fresque déchirante qui inscrit ce cycle d’extraits au delà de leur format chorégraphique; dans l’inexorable tension dramatique d’un opéra haletant : souvent la radicalité du geste, sa justesse expressive, sa forte caractérisation et son jeu double, ambivalent, – ironique, cynique, glaçant, mordant, ont dévoilé tout ce qui finalement rapproche le Prokofiev des années 1930, -celui revenu sur sa terre natale-, d’un Chostakovitch, maître des climats troubles, entre angoisse et fausse élégie. La fabuleuse machinerie orchestrale aux déchaînements sanglants détruit parfaitement les deux colombes, et à l’issue de l’action violente, la flûte piccolo dans les dernières mesures affirme in extremis, un frêle rayon de vie possible après l’abomination, – une note d’espérance après un déferlement maîtrisé de convulsion barbare. Pour ce premier volet symphonique, thématisé avec cohérence (volet « L’Amour et la Danse »), le chef réussit un nouvel accomplissement impressionnant par sa fougue et sa recherche de vérité. Non, pour le fondateur de l’Orchestre national de Lille, la retraite n’a pas sonné. Bien au contraire. Les volets à venir de ce cycle dédié à L’Amour, la danse promettent de prochaines réalisations complémentaires, incontournables. A suivre. Illustrations : © U. Ponte / ONL Lille 2016 ______________________ PROCHAIN CONCERTS Prochains concerts de Jean-Claude Casadesus et l’Orchestre national de Lille : Volet 2 du cycle L’Amour et la Danse, « Poème de l’extase », les 19, 20, 21, 24, 25 janvier 2017 : Triple Concerto pour violon, violoncelle et piano de Beethoven (piano : François-Frédéric Guy /
violon : Tedi Papavrami / violoncelle : Xavier Phillips), Danse de Salomé (Richard Strauss), Poème de l’extase (Scriabine). RESERVEZ VOTRE PLACE CD Jean-Claude Casadesus a récemment publié une excellente (et bouleversante lecture de la Symphonie n°2 Résurrection de Gustav Mahler, avec la mezzo soprano Hermine Haselböck… 2 cd CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2016 (titre sélectionné dans notre dossier spécial cd de NOËL 2016) : Extrait de notre critique : D’une caresse maternelle, l’Urlicht trop fugace s’accomplit grâce au timbre chaud et enveloppant de la mezzo Hermine Haselböck. L’accord en tendresse et désir de conciliation se réalise aussi dans la tenue des instruments d’une douceur engageante. Vrai défi conclusif pour l’orchestre, le dernier mouvement, le plus long (Finale / Im tempo des scherzos / Wild herausfahrend), plus de 35 mn ici, réalise ce volet de résolution et d’apaisement qui rassure et rassérène idéalement : Jean-Claude Casadesus maîtrise cet exercice de haute voltige où la sublime fanfare, d’un souffle cosmique et céleste, répond à l’activité des cordes et à l’harmonie des bois. Comme le dit le maestro lui-même, il s’agit bien d’une page parmi les plus belles écrites amoureusement par Malher : appel souverain, olympien du cor, réponse de la trompette, caresse enivrante là encore des cordes en état de… lévitation. L’orchestre ouvre des paysages aux proportions inédites, aux couleurs visionnaires, absolues, abstraites. La direction récapitule et résout les tensions avec une hauteur de vue magistrale. EN LIRE + Compte rendu, concert. LILLE, Nouveau Siècle, le 1er décembre 2016. Cycle L’Amour et la Danse I : Roméo et Juliette. Orch Nat de Lille. Jean-Claude Casadeus, direction. PROBST (Nuées), BERLIOZ (Cantate La mort de Cléopâtre), PROKOFIEV (Suite du Ballet Roméo et Juliette, extraits).

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2 décembre

TOURS. Robert Houlihan dirige un concert SHAKESPEARE exceptionnel

TOURS. Concert SHAKESPEARE 2016, les 10 et 11 décembre 2016. Superbe saison symphonique à l’Opéra de Tours, sous la direction artistique du nouveau directeur Benjamin Pionnier. Après avoir « mesuré »’ lors d’un premier concert inaugural – le 5 novembre dernier, les possibilités des musiciens de l’Orchestre maison : Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours, Benjamin Pionnier poursuit l’offre orchestrale avec ce second périple, vrai parcours symphonique où prime l’évocation dramatique et poétique de formes ingénieuses et nouvelles, ouvertures et poèmes symphoniques, sorte de condensés palpitants qui affirment chacun la vitalité des écritures ici associées ; d’autant mieux combinées que toutes illustrent l’éclat et l’intensité du drame shekespearien, puisque Benjamin Pionnier dédie ce nouveau programme à Shakespeare. Sous la conduite du chef invité – franco-irlandais-, Robert Houlihan (né en 1952 – élève de George Hurst, comme Benjamin Pionnier). Au programme des oeuvres souvent inédites, et trop peu jouées en concert (même à Paris). Ainsi après s’être dédié aux grandes symphonies et aux compositeurs français oubliés, les instrumentistes de l’orchestre tourangeau suivent une nouvelle voie artistique, aussi riche et complémentaire à leurs réalisations antérieures. Dans le théâtre Shakespearien, la violence des éléments naturels est le miroir des passions humaines les plus violentes. Souvent, le poète britannique a portraituré avec un souffle exceptionnel, la force barbare qui fait basculer le destin des héros dans la tragédie et la folie. Ainsi Macbeth (Sullivan), ou Othello (Dvorak), sans omettre les personnages délirants, attachants de La Tempête (Caliban, Ariel…, dans les deux version de Sibelius et de Tchaikovsky). La grande cohérence de la programmation permet de (re)découvrir des partitions fortes, contrastées, hautement caractérisées en un programme symphonique des plus prometteurs. ______________________ Concert Shakespeare 2016 TOURS, Opéra. Concert Shakespeare 2016 Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours Robert Houlihan, direction Samedi 10 décembre 2016 – 20h Dimanche 11 décembre 2016 – 17h RESERVEZ VOTRE PLACE ici Programme détaillé : Sir Arthur SULLIVAN Macbeth, Ouverture Hector BERLIOZ Scène d’amour de Roméo et Juliette Piotr TCHAIKOVSKY La Tempête, fantaisie symphonique d’après Shakespeare Op.18 Otto NICOLAI Ouverture de l’opéra Les joyeuses commères de Windsor Anton DVORÁK Othello – Op.93 Jean SIBELIUS La Tempête (extraits) Direction musicale: Robert Houlihan Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours Conférence de présentation du programme et des œuvres : Les 10 décembre à 19h, 11 décembre à 16h Grand Théâtre, Salle Jean Vilar, entrée gratuite Un exemple de partition méconnue, même des mélomanes ? voyez ainsi La Tempête de… Sibelius (aux côtés de celle de Tchaikovski). On connaît évidemment davantage les symphonies de Sibelius – véritable hymnes à la nature), et les ballets du génie russe. Mais sur le métier shakespearien, Sibelius ose tout dans une évocation ciselée qui sur le plan instrumental exige des nuances infimes à l’orchestre. D’une durée de presque 26 minutes (selon les versions), le cycle orchestral du compositeur finlandais est destiné à être jouée comme musique de scène de la pièce de Shakespeare : ses épisodes suivent très précisément l’accomplissement de la tragédie. Composé de 1925, créé lors d’une représentation de la pièce en 1926, le matériau confine à l’épure et à l’ascèse dont la violence et l’intensité compense l’économie. En tout 34 séquences, d’un souffle inédit, précédé par un Prélude (sans tonalité fixe, totalement déconcertant, et de ce fit plongeant dans le mystère humain le plus déroutant). Siblelius ne fait pas soutenir le drame en en évoquant la tension interne, il exprime la puissance des forces supérieures qui semblent dans l’ombre, étreindre et contraindre toutes les âmes d’un drame irréversible… Même découverte totale et format court mais expressivité exaltée pour Othello de Dvorak. Il s’agit du dernier volet d’un triptyque constitué de 3 volets, créé à Prague sous la direction de Dvorak, en 1892. Le dernier « Othello » illustre la destruction de l’amour par le poison de la jalousie. Dans le thème de Desdémone, Dvorak se souvient du Roméo et Juliette de Tchaikovski, auquel le compositeur Tchèque oppose très subtilement le thème de la Nature, maléfique, démoniaque. La spirale montante aux violons dans la séquence finale, exprime la folie meurtrière qui conduit le Maure, trop faible, à tuer celle qu’il aime…




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1 décembre

LILLE, ONL. L’amour, la danse par Jean-Claude Casadesus

LILLE. Le 1er décembre 2016 : Roméo et Juliette par Jean-Claude Casadesus. C’est l’un des axes majeurs de la nouvelle saison de l’Orchestre national de Lille 2016 – 2017 : « L’AMOUR ET LA DANSE », vertiges et passions romantiques par le fondateur historique de l’orchestre lillois, Jean-Claude Casadesus. La Rédaction de CLASSIQUENEWS a eu un vrai coup de cœur pour le dernier CD MAHLER (Symphonie n°2 Résurrection) réalisé par le chef et son orchestre en un cycle au souffle, dramatique et poétique, irrésistible. La même fusion complice devrait se déployer avec la même magie lors de ce premier volet du cycle intitulé « L’AMOUR ET LA DANSE ». La ballet a toujours été propice pour le dépassement de l’écriture orchestrale. Depuis le Sacre du Printemps de Stravinsky, nombre de musiques de danse sont devenues de véritable piliers des programmations destinées aux salles de concerts. En voici une nouvelle démonstration, remarquablement conçue tout au long de cette saison par l’Orchestre national de Lille. Cette saison est un cycle particulier qui voit la transmission se réaliser entre Jean-Claude Casadesus et son « successeur » récemment adoubé, Alexandre Bloch. Le programme pourrait exprimer la dialectique philosophique, amour sacré / amour profane (également peinte par le peintre Titien) : amour céleste grâce aux climats éthérés de Nuées du compositeur contemporain Dominique Probst. Passion convulsive, tragique, mortelle qu’incarne la reine d’Egypte Cléopâtre, telle que l’a rêvée, magnifiée, le jeune Berlioz, qui pourtant déconcertant le jury, n’obtint pas le Premier Prix de Rome (après deux autres tentatives : il triomphera l’année suivante avec La Mort de Sardanapale en 1830). Amours fulgurantes, spectaculaires, voire glaçantes dans la fresque Roméo et Juliette, Suite orchestrale tirée du très impressionnant ballet conçu par Prokofiev. Le programme est copieux, divers, fruit d’une caractérisation spécifique comme sait en ciseler les fruits instrumentaux, le chef devenu légendaire, Jean-Claude Casadesus. Concert événement. Cycle L’Amour et la danse I : Roméo et Juliette Orchestre national de Lille et Jean-Claude Casadesus JEUDI 1er DECEMBRE 2016, 20h Auditorium du Nouveau Siècle, LILLE RESERVEZ VOTRE PLACE Concert repris le 3 décembre 2016, au Colisée à LENS, 20h30 http://www.onlille.com/event/20169-romeo-juliette/ Programme : PROBST: Nuées BERLIOZ: La Mort de Cléopâtre PROKOFIEV: Roméo et Juliette (extraits) Direction : Jean-Claude Casadesus Mezzo-soprano : Hermine Haselböck (Berlioz) ________________ Rencontre avec le chef après le concert. Prochain volet du cycle L’AMOUR et LA DANSE, « Poème de l’extase » (Beethoven, R. Strauss, Scriabine), les 19, 20, 21, 24 et 25 janvier 2017. ________________ english : ROMEO AND JULIET LOVE AND DANCE SERIES, / EPISODE 1 Jean-Claude Casadesus has given his entire life over to music, with a passion unique to him. What could be more befitting to him than the Love and dance Series: with Dominique Probst’s poetic Nuées, Berlioz’s dramatic Death of Cleopatra, and Prokofiev’s legendary Romeo and Juliet, you are invited to truly celebrate life! Booking your place for this concert in Lille : http://www.onlille.com/event/20169-romeo-juliette/ ________________ discographie : CD, compte rendu critique. Mahler : Symphonie n°2 (Jean-Claude Casadesus, Orchestre national de Lille, novembre 2015, 1 cd évidence classics). Dans le premier mouvement, Jean-Claude Casadesus retrouve une partition qu’il connaît parfaitement pour l’avoir de nombreuses fois diriger et analyser. Le chef construit d’abord, un rempart progressif depuis le chant tellurique des contrebasses, porteur d’une énergie de plus en plus vive, après l’expression d’une certaine résignation coupable. La Totenfeier (Marche funèbre, requiem des illusions perdues) est ainsi magistralement exprimée dans son format spectaculaire, aux dimensions propres à celle d’un apocalypse, voire du Jugement Dernier. La baguette saisit et mesure l’ampleur des forces en présence comme l’enjeu de ce qui se joue ici : le destin d‘une vie. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2016



Carnets sur sol

30 novembre

Winter is coming : après novembre, décembre

Oui, je suis un garçon cultivé, capable de citer les grands opus de la culture populaire. (Je n'ai d'ailleurs aucune idée de la référence précise à l'intérieur du scénario…) 1. Bilan d'octobre-novembre J'avais arrêté le dernier bilan, lors de la précédente notule d'annonce, au 20 octobre. Qu'on ne me dise pas que je n'ai pas été raisonnable : j'ai renoncé à voir le Dichterliebe avec harpe, le partenariat CNSM-Palerme dans Charpentier, des cours public de cor et de direction d'orchestre, le Second Trio de Mendelssohn par mes chouchoutes du Trio Sōra, Leyla McCalla dans son programme violoncellistique haïtien, les extraits d'Ariadne auf Naxos par un des orchestres du CNSM, la Neuvième de Mahler par l'Orchestre de l'Opéra, un bouquet de songs et mélodies par l'excellent ténor Charlesworth (de Lili Boulanger à Lennox Berkeley), une messe inédite d'Henri Frémart, quelques Histoires Sacrées de Bouzignac (atrocement documentées au disque), la reprise de la formidable production de Dido & Æneas venue de Rouen (avec Zaïcik en Didon et Mauillon en Magicienne !), des mélodies françaises accompagnées par Billy Eidi, la Neuvième de Beethoven par le Philharmonique de Strasbourg (et le Chœur de l'Orchestre de Paris), le récital parisien de la folkiste Weyes Blood, la délicate Légende de sainte Cécile de Chausson, le Septuor (pour quatuor et trois voix de femme) de Caplet… Et je m'apprête à m'éloigner du Fidelio HIP de Boyd, des extraordinaires variations sur El Pueblo unido de Frederic Rzewski (sans doute le cycle de variations le plus divers, accessible et complet qui soit !), des intermèdes de LULLY & Charpentier par Correas (avec Lombard & Dumora !), du Requiem de Pizzetti et d'un récital d'histoire du lied par L'Oiseleur des Longchamps. Car, croyez-le ou non, les spectacles ne sont pas la principale occupation des Lutins de céans, il y en a deux ou trois autres avant – et je ne mentionne même les contraintes additionnelles en raison de vilains déserteurs venus prêter main-forte à Qaanaaq pendant la haute saison. J'ai tout de même un peu occupé mon temps de façon avisée. Près d'une quinzaine de soirées depuis le dernier bilan. Il y a un peu de tout. ♥ Des inédits absolus : ♥♥ notamment des mélodies de Roland-Manuel (ami et biographe de Ravel, collaborateur de R. Strauss et Stravinski…) et Henriette Puig-Roget (organiste et accompagnatrice emblématique de l'ère Cluytens, pour faire simple), très belles, où l'on pouvait entendre de formidables jeunes chanteurs ; Cécile Madelin, plusieurs fois distinguées dans ces pages, dans le baroque français ou de le lied ; Edwin Fardini, un baryton-basse au rayonneent extraordinaire ; Brenda Poupard, un mezzo tout rond et délicat, d'un équilibre parfait ; ♥♥ ou bien la Messe d'Innocent Boutry (1661), uniquement donnée par Doulce Mémoire il y a vingt ans, jamais gravée, qui me donnera l'occasion de parler de l'esthétique de la messe musicale en province, au XVIIe siècle (notule minutieusement préparée…), mais aussi du nouvel ensemble spécialiste Le Vaisseau d'or, qui a en six mois d'existence acquis la maturité des plus grands [notule plus vaste en préparation] ; ♥♥ les sonates pour « piano et violon » d'Hérold et Godard, que je n'ai jamais vu passer au disque (ce doit probablement exister, vu la quantité de petits qui documentent la musique de chambre de tous les compositeurs un minimum célèbres) et qui ne sont en tout cas jamais données en concert. Couplées avec le passionnant et saisissant duo d'Alkan, et joués sur instruments d'époque (pianoforte, piano Érard, violons historiques montés en boyaux, diapasons spécifiques), à l'occasion de la soutenance de la thèse de Cécile Kubik sur l'inclusion des pratiques historiques du violon français dans les interprétations d'aujourd'hui. [notule ] ♣ D'autres bizarreries : ♣♣ Le Faune, Jeux et le Sacre du Printemps sur des instruments de facture française du début du XXe siècle, par Les Siècles, avec restitution et/ou inspiration chorégraphique de Nijinsky. Les chorégraphies inspirées ne sont pas très passionnantes (et l'originale plus intéressante que convaincante), mais l'équilibre spécifique des nouveaux, qu'on pourrait croire dérisoire, est réel – il révèle surtout, à cette époque, les progrès de facture (et apporte un surcroît de difficulté d'exécution à des œuvres déjà très exigeantes), mais ça renouvelle l'écoute, d'autant que Roth est un très grand chef capable d'en tirer parti. ♣♣ Lü Bu et Diao Chan, wuju (opéra de l'Ouest de la province du Zhejiang) par l'ensemble officiel chargé de la conservation de ce patrimoine. De l'opéra traditionnel chinois, très proche du kunqu (même instrumentarium, même construction avec dialogues chantants et numéros souples, même harmonie sans modulations, mêmes rythmes standardisés mais insaisissables, mêmes effets dramatiques – percussions de tension, chœur narratif en coulisse…). Simplement un peu plus de suona (hautbois chinois, celui avec le pavillon en métal). L'intrigue de cet opéra-ci est tiré de la matière historico-légendaire qui servit à l'établissement du roman Les Trois Royaumes. Pour les détails sur le genre (plutôt centré sur le kunqu), il existe une section spécifique dans CSS. ♪ De jeunes interprètes, futurs très grands de demain : ♫ Concert de l'ECMA, avec notamment le Trio avec piano Sōra et le Quatuor Bergen. [notule ] ♫ Concert de l'ECMA, avec notamment le Trio avec piano Zadig et le Quatuor Akilone. [notule ] ♫ Concerts au CNSM déjà mentionnés, avec Cécile Madelin, Edwin Fardini et Brenda Poupard. ♫ Clémence Barrabé enfin entendue en salle lors de l'anniversaire de l'ADAMI. (Petite déception en l'occurrence, la voix ne rayonne pas/plus comme je l'avais espéré, l'émission semble moins haute et claire, plus fondue. Mais elle conserve ses extraordinaires [r] uvulaires bien sûr.) ♫ Les Kapsber'girls, quatre à peine vingtenaires qui renouvellent, vraiment, l'approche des premiers airs de cour baroques italiens. Dans un programme autour des villanelles les plus facétieuses de Kapsberger et des saynètes de Merula et Strozzi, elles réactivent le texte (qu'elles racontent et communiquent, vraiment, rien à voir avec les plaintes standardisées qu'on se représente comme l'usage) et redonnent toute sa place aux effets de la rhétorique musicale (parodie de stile concitato chez Strozzi, servi par des passages en voix de poitrine ; mélismes qui ne sont pas décoratifs mais prolongent l'émotion, comme ces [i] guillerets d'ingioisce – « se réjouit » –, etc.). † Du théâtre exotique : †† Père (en réalité, ça se traduirait plutôt Le Père) de Strindberg à la Comédie-Française, mise en scène Depleschin. Très bien, surtout pour du Strindberg : thématique assez ibsenienne de dévoilement, le coup de théâtre et l'évolution psychologique en moins. Ça souffre de la comparaison, certes, mais c'est joliment fait (quoique d'une misogynie, ou plutôt d'une gynophobie assez délirante – une femme peut tenir l'Univers enserré dans ses projets innocemment maléfiques). Je l'ai fait malgré moi, voyez-vous. / C'est quelque chose qui est plus fort que moi. Ce genre de chose. En termes de réalisation, le bruit blanc de cordes frottées, suspendues à la même hauteur pendant 1h30, pour insuffler de la tension, est franchement très pénible dès qu'on se trouve sur les côtés, c'est-à-dire proche de la source d'amplification. Sérieusement, vous n'êtes pas capables de tenir une salle sans ce genre d'expédient ? Sinon, c'était très honnêtement joué, pas forcément varié (entre Kessler et Vuillermoz, forcément…), mais tout à fait opérant. †† Gens de Séoul 1909 de HIRATA Oriza, observation d'une famille de colons japonais. Complètement magnétique pour moi, mais il faut aimer la conversation gratuite. [notule ] †† Gens de Séoul 1919 de HIRATA Oriza. La même chose à dix ans d'écart (avec le début de l'indépendance coréenne), avec des chants en sus ! [compléments de Chris, d'autres à venir par DLM] ♠ Et, parce que je ne suis qu'humain, un peu de glotte et autres sinistres banalités : ♠♠ Sibelius 2 et Tchaïkovski 6 par le Philharmonique de Radio-France et Mikko Franck. Très bien. Sibelius joué très lyrique et discontinu, Tchaïkovski d'une emphase sans ironie. [notules : Tchaïkovski 6 , Sibelius 2 , interprétation ] ♠♠ Les Contes d'Hoffmann dans une édition prétendument Choudens et largement rectifiée par les découvertes (qui ont déjà 40 ans) de Fritz Oeser. Dans la plastique, originale, cohérente, saisissante et spectaculaire mise en scène Carsen, archi-rebattue, mais qui gagne vraiment, comme sa Rusalka, à être vue en salle. Avec Koutcher, Jaho, Aldrich, d'Oustrac, Vargas, R. Tagliavini, Lovighi, Briand, Lis… [deux notules : édition utilisée , interprètes ] ♠♠ Le Requiem de Verdi par Rhorer, avec un plateau enivrant : Vanina Santoni, Alisa Kolosova, Jean-François Borras, Ildebrando D'Arcangelo. Collaboration encore en rodage avec l'ONF (quantité de décalages, pas toujours bien gérés par le chef), qui m'a donné la matière pour beaucoup d'extraits sonores dans de futures notules – ce que c'est que d'accompagner un chanteur, la suite de la couverture vocale, le rapport timbre/projection, etc. Très belle soirée d'ailleurs, j'étais enchanté de réentendre l'œuvre, et aussi bien chantée. ♠♠ Soirée anniversaire de l'ADAMI (organisme de récolte des droits et promotion de jeunes artistes – bon sang, et ils dépensent l'argent de leurs cotisants en réunissants leurs anciens chouchous ?!). Programme assez original d'ailleurs pour ce type de pot-pourri, où j'ai le plaisir d'entendre pour la première fois en vrai Clémence Barrabé, de découvrir l'ampleur de Marc Scoffoni, de réentendre Mathieu Lécroart et quantité d'autres excellents chanteurs ou instrumentistes. Seul le chef, Brian Schembri, était véritablement redoutable – je croyais que c'était un chef dilettante choisi parmi les cadres musiciens de l'ADAMI, mais non, il est le principal chef du principal orchestre maltais, d'après sa biographie. Donc tant pis, pas de pitié, il y en a d'autres qui attendent la place. Ne pas arriver à suivre les chanteurs (pourtant disciplinés) dans de l'opéra XIXe est une chose, mais transformer des Verdi de maturité en fanfare aussi bruyante et vulgaire, c'est assez impressionnant… Sans chef, l'ONF aurait clairement fait mieux. Pour finir novembre, il me reste encore un programme d'airs de Kapsberger, Strozzi & Friends par les Kapsber'girls (avec gambe et guitare baroque, miam), ainsi que l'Iphigénie de Goethe. Je ne peux par ailleurs aller voir Metropolis accompagné par l'improvisation d'Escaich, lundi. Si cela intéresse quelqu'un, le concert étant (pour une fois) complet : voici . [passé et vendu] Bien, à présent que j'ai montré à quel point mes conseils sont géniaux (car c'était un peu mon agenda caché en vous détaillant ma vie ci-dessus), passons à ce qui vous sera peut-être utile : les repérages de décembre ! Nicolas POUSSIN, Le Triomphe des Arts ou la remise des Putti d'incarnat (Musée du Louvre.) 2. Il arrive le petit Décembre, il arrive ! Les petites gourmandises ne cessent pas tout à fait avec décembre. Voici une courte sélection de quelques pépites qui vous ont peut-être échappé. ► Œuvres rares, programmes originaux. ■ L'opéra chinois Le Roi Singe passe à Argenteuil (1er décembre). ■ Motets du milieu du XVIIe : Bertali et Froberger, véritables raretés, salle Turenne, ancien réfectoire des Invalides. Le 12. ■ Sonata da camera de Steffani (dommage, j'aurais tout lâché pour les airs chambristes !), cantate profane de Domenico Scarlatti. J.-Ch. Frisch et son ensemble XVIII-21, avec l'excellente Cyrille Gerstenhaber en soprano. ■ Histoires sacrées de Charpentier par l'ensemble Correspondances (avec Weynants, Richardot, Fa et une petite mise en scène de Huguet), Chapelle Royale de Versailles, le 14. ■ Programme de musique baroque sacrée latino-américaine de la Capella Mediterranea à la Chapelle Royale de Versailles, le 18. ■ Oratorio de Porpora à la Chapelle Royale de Versailles le 3. Beurk, mais il y aura Negri, Staskiewicz, Galou et l'excellent ensemble Les Accents, ce peut permettre de survivre. ■ Un opéra léger de Haydn, La Canterina, par les élèves du CNSM dirigés par Sigiswald Kuijken, avec une mise en scène. Les 9 et 10, également retransmis sur le site du conservatoire. ■ Oratorios de Mendelssohn (Élie) et Schumann (Le Paradis et la Péri) à la Philharmonie, on les entend peu en France. Le premier est peut-être bien le sommet du genre, et une des cîmes de Mendelssohn… Le second est un peu plus dans le reistre d'un Schumann opaque et poli, mais il contient de très belles choses (malgré un livret assez plat, prévisibilité du niveau des Trois petits cochons). ■ Mélodies de Gounod, Thomas et Bizet, airs de Paladilhe et David (et puis Rossini et Offenbach) par Chiara Skerath, le mardi 6 midi au Musée d'Orsay. ■ À l'exception d'une bizarre retransmission en décors (et chanteurs) naturels de France 3 il y a longtemps, la résurrection de L'Île du Rêve de Reynaldo Hahn, premier opéra du compositeur. Pas un chef d'œuvre, mais une très jolie chose, à redécouvrir à l'Athénée dans une très belle distribution francophone du 7 au 11. ■ L'Oiseleur des Longchamps propose un programme « algérien » de mélodies orientalisantes (avec des raretés absolues, parmi lesquelles du Dubois ou du Roland-Manuel), le 14, dans le théâtre byzantin de l'Hôtel de Béhague. ■ Le saisissant Stabat Mater de Szymanowski, l'une de ses œuvres les plus accessibles et les plus intenses, à la cathédrale des Invalides, le 11. Quelle saison, décidément ! ■ Suite des Comédiens de Kabalevski, Quatrième Symphonie de Nielsen par le Philharmonique de Radio-France (avec Vänskä, qui joue bien mieux cette musique que Sibelius !) le 2. ■ Naujalis, Čiurlionis, Eben, Mosolov à la cathédrale des Invalides, le 8. C'est un peu cher et l'acoustique n'est pas bonne hors des premiers rangs, mais le programme est sacrément intriguant. ■ L'ONDIF joue Chávez, Romero et Villa-Lobos à la Cité de la Musique le 13. Pas forcément de la grande musique, mais joué avec enthousiasme comme ce sera vraisemblablement le cas, ce peut être très chouette, parfait pour emmener un novice. ■ La transversale relativement banale Schumann / Kurtág dans la grande salle de répétition de la Philharmonie, le 16. Cette fois non avec les trios, mais avec les Microludes (son quatuor n°2, étrangement le plus joué – je trouve Officium breve, beaucoup plus rare, encore meilleur) et le Troisième Quatuor de Schumann, pour pas cher. ■ El Niño d'Adams, l'une de ses plus belles œuvres (quoique inégale), Nativité composite qui n'avait pas été rejouée en France, me semble-t-il, depuis sa création. Le 11 à la Philharmonie, avec le LSO de surcroît. ■ Deux concerts (gratuits) de musique contemporaine au CNSM, avec du Jarrell (Music for a While le 14 et autre couplage avec Dérive 1 et Leroux le 15). Par l'Ensemble ACJW. ► Interprètes et ensembles parrainés. ■ Pendant toute la première moitié de décembre, du jeudi au samedi, le Quatuor Hanson joue le Septième Quatuor de Beethoven à la salle Cortot (15€, à 20h). ■ Le Quatuor Arod joue à Tremblay-en-France les Quatuors n°13 de Schubert et n°15 de Beethoven (2 décembre, 19h). ■ Marie Perbost en récital à la BPI le 9 décembre (programme assez banal que vous pouvez retrouver dans l'agenda du CNSM ). Moins facile d'accès, elle chantera aussi le 15 au Petit-Palais, à 12h30. ■ L'excellent orchestre amateur (dont on ne peut pas vraiment entendre qu'il l'est…) Ut Cinquième donne, les 1, 3 et 4 décembre, la Septième Symphonie de Bruckner. ■ Blandine Staskiewicz chante des cantates italiennes de Haendel le 7 avec l'ensemble Pulcinella, salle Cortot. ■ Elle n'en a pas besoin, et je crois que tout glottophile digne de ce nom l'aura remarqué : Karita Mattila chante un bouquet de lieder amples au Châtelet (si le programme n'a pas été modifié depuis l'annonce de saison). Wagner, Brahms, R. Strauss et Berg, le 12. ► Cours publics. ■ CNSM : Joaquín Achúcarro (piano) en journée du 5 au 7, de même pour Barthold Kuijken le 15, Quatuor Ébène de 10h à 19h les 13 et 14, et cours de chant le soir avec Valérie Guillorit. ■ Conservatoire de Rueil-Malmaison : déclamation XVIIe siècle, en journée, les 1er et 12 décembre. ■ Rencontre entre Gérard Condé, Claude Abromont et François-Xavier Roth à propos de la Symphonie Fantastique de Berlioz, à la médiathèque Berlioz du CNSM, le 14 à 18h. ► Autres concerts gratuits. ■ L'Orchestre des Lauréats du CNSM (l'orchestre des déjà-diplômés/insérés, de niveau complètement professionnel) joue la Symphonie en ut de Bizet, la Sinfonietta de Britten, la Suite pour cordes de Janáček, dirigé par Jonathan Darlington ! ► Concerts participatifs. ■ Le 4, bal accompagné par l'Orchestre de Chambre de Paris au Centquatre (donc je suppose plutôt informel, pas trop de panique d'avoir revendu tous mes evening jackets et queues-de-pie). ■ Le 16, concert de l'Orchestre de Chambre de Paris où le public est invité à chanter pour les lullabies et carols qui complètent le programme. À la Philharmonie. Je crois qu'il y a des séances de préparation, mais ce doit être sold out depuis longtemps, il vous faudra donc y aller au talent. ► Théâtre. ■ Adaptation de Faust de Goethe au Ranelagh, pendant la seconde moitié du mois. ■ Adaptation de Faulkner à Herblay, le 11. Et plein d'autres choses à n'en pas douter. Si vous êtes curieux de ma sélection personnelle, elle apparaît en couleur dans le planning en fin de notule. Simon VOUET, Putto de CSS s'usant les yeux à la confection de l'agenda officiel (Musée du Louvre.) 3. Expositions Voici le fruit de mon relevé personnel, pas très original (je ne suis qu'un petit garçon pour les expositions, et il me reste tant de lieux permanents à découvrir), mais s'il vous inspire jamais… → Louvre – Bouchardon – 05/12 → Chantilly – Grand Condé – 02/01 → Cartier – Orchestre des Animaux – 08/01 → Custodia – Fragonard-David – 08/01 → École des Beaux-Arts – Pompéi – 13/01 → Orsay – Napoléon III – 15/01 → Petit-Palais – Wilde – 15/01 → Petit-Palais – La Paix – 15/01 → Louvre – Le Tessin – 16/01 → Guimet – Jade – 16/01 → Rodin – L'Enfer – 22/01 → Jacquemart-André – Rembrandt – 23/01 → Fontainebleau – Chambre de Napoléon – 23/01 → Delacroix – Sand – 23/01 → Judaïsme – Schönberg – 29/01 → Invalides – Guerres secrètes – 29/01 → Orangerie – Peinture américaine – 30/01 → Luxembourg – Fantin-Latour – 12/02 → Galliera – Collections – 17/02 → Arts Déco – Bauhaus – 26/02 → Dapper – Afrique – 17/06 → Histoire Naturelle – Ours – 19/06 → Histoire Naturelle – Trésors de la terre – jusqu'en 2018… Ce mois-ci fut très peu aventureux de mon côté : ♦ Bouchardon au Louvre, surtout des dessins préparatoires assez littéraux et quelques bustes qui ne valent pas mieux (muséographie indigente, au passage) ; ♦ la pompe Second Empire à Orsay, d'un goût… Napoléon III, mais la diversité du supports et quelques putti malfaisants méritent le détour ; ♦ collection Le Tessin au Louvre ; quantité de petits bijoux, crayonnés ou peints, figurant un badinage diversement innocent, absolument délicieux pour les amateurs de XVIIIe siècle ; ♦ mini-expos Puig-Roget et Roland-Manuel dans le hall des salles publiques du CNSM. Avec manuscrit de la première biographie de Ravel et carte postale rédigée par celui-ci, pour les plus fétichistes ; ♦ la seconde MacParis de l'année. Trouvé quelques photographes séduisants, mais l'impression de voir toutes les tendances depuis le début du XXe siècle : sous-Malévitch (oui, il y a des losanges blancs sur fond blanc à vendre…), sous-Basquiat, sous-art marxisto-dépressif engagé (tout en insultant le spectateur), poupées malsaines façon sous-Bourgeois, sous-Cartier-Bresson, photographies de ruines en pagaille (j'adore ça, mais on n'est pas exactement à l'avant-garde…), travailleurs de la matière brute, fausses perspectives, dessins avec jeux de mots… tout l'univers de l'art contemporain y passe (à l'exception notable des plasticiens-conceptuels, ce qui n'est pas précisément un mal). Le concept est néanmoins très sympathique : les artistes sont présents et ouverts à la discussion, très simplement, l'entrée est gratuite sur réservation, et on y propose aux visiteurs des crackers et du rouge bas de gamme, rien à voir avec les grandes cérémonies qui coûtent un bras (où les artistes exposés sont davantage dans les esthétiques à la mode et pas forcément meilleurs). Giovanni Battista TIEPOLO, Merveilles vues dans l'agenda de CSS (Musée du Louvre.) 4. Programme synoptique téléchargeable Comme les dernières fois : Les codes couleurs ne vous concernent pas davantage que d'ordinaire, j'ai simplement autre chose à faire que de les retirer de mon relevé personnel, en plus des entrées sur mes réunions professionnelles ou mes complots personnels. Néanmoins, pour plus de clarté : ◊ violet : prévu d'y aller ◊ bleu : souhaite y aller ◊ vert : incertain ◊ **** : place déjà achetée ◊ § : intéressé, mais n'irai probablement pas ◊ ¤ : n'irai pas, noté à titre de documentation ◊ (( : début de série ◊ )) : fin de série ◊ jaune : événement particulier ◊ rouge : à vendre / acheter Les bons soirs, vous pourrez toujours apercevoir mon profil imposant surplomber la plèbe rampante dans les escaliers clairsemés. Cliquez sur l'image pour faire apparaître le calendrier (téléchargeable, d'ailleurs, il suffit d'enregistrer la page html) dans une nouvelle fenêtre, avec tous les détails. Toutes les illustrations picturales de cette notule sont tirées de photographies du Fonds Řaděná pour l'Art Puttien, disponibles sous Licence Creative Commons CC BY 3.0 FR . Non, décidément, avec le planning (et les putti) de CSS, décembre est le mois le plus lumineux de l'année !

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28 novembre

LILLE, concert de Jean-CLaude Casadesus

LILLE. Le 1er décembre 2016 : Roméo et Juliette par Jean-Claude Casadesus. C’est l’un des axes majeurs de la nouvelle saison de l’Orchestre national de Lille 2016 – 2017 : « L’AMOUR ET LA DANSE », vertiges et passions romantiques par le fondateur historique de l’orchestre lillois, Jean-Claude Casadesus. La Rédaction de CLASSIQUENEWS a eu un vrai coup de cœur pour le dernier CD MAHLER (Symphonie n°2 Résurrection) réalisé par le chef et son orchestre en un cycle au souffle, dramatique et poétique, irrésistible. La même fusion complice devrait se déployer avec la même magie lors de ce premier volet du cycle intitulé « L’AMOUR ET LA DANSE ». La ballet a toujours été propice pour le dépassement de l’écriture orchestrale. Depuis le Sacre du Printemps de Stravinsky, nombre de musiques de danse sont devenues de véritable piliers des programmations destinées aux salles de concerts. En voici une nouvelle démonstration, remarquablement conçue tout au long de cette saison par l’Orchestre national de Lille. Cette saison est un cycle particulier qui voit la transmission se réaliser entre Jean-Claude Casadesus et son « successeur » récemment adoubé, Alexandre Bloch. Le programme pourrait exprimer la dialectique philosophique, amour sacré / amour profane (également peinte par le peintre Titien) : amour céleste grâce aux climats éthérés de Nuées du compositeur contemporain Dominique Probst. Passion convulsive, tragique, mortelle qu’incarne la reine d’Egypte Cléopâtre, telle que l’a rêvée, magnifiée, le jeune Berlioz, qui pourtant déconcertant le jury, n’obtint pas le Premier Prix de Rome (après deux autres tentatives : il triomphera l’année suivante avec La Mort de Sardanapale en 1830). Amours fulgurantes, spectaculaires, voire glaçantes dans la fresque Roméo et Juliette, Suite orchestrale tirée du très impressionnant ballet conçu par Prokofiev. Le programme est copieux, divers, fruit d’une caractérisation spécifique comme sait en ciseler les fruits instrumentaux, le chef devenu légendaire, Jean-Claude Casadesus. Concert événement. Cycle L’Amour et la danse I : Roméo et Juliette Orchestre national de Lille et Jean-Claude Casadesus JEUDI 1er DECEMBRE 2016, 20h Auditorium du Nouveau Siècle, LILLE RESERVEZ VOTRE PLACE Concert repris le 3 décembre 2016, au Colisée à LENS, 20h30 http://www.onlille.com/event/20169-romeo-juliette/ Programme : PROBST: Nuées BERLIOZ: La Mort de Cléopâtre PROKOFIEV: Roméo et Juliette (extraits) Direction : Jean-Claude Casadesus Mezzo-soprano : Hermine Haselböck (Berlioz) ________________ Rencontre avec le chef après le concert. Prochain volet du cycle L’AMOUR et LA DANSE, « Poème de l’extase » (Beethoven, R. Strauss, Scriabine), les 19, 20, 21, 24 et 25 janvier 2017. ________________ english : ROMEO AND JULIET LOVE AND DANCE SERIES, / EPISODE 1 Jean-Claude Casadesus has given his entire life over to music, with a passion unique to him. What could be more befitting to him than the Love and dance Series: with Dominique Probst’s poetic Nuées, Berlioz’s dramatic Death of Cleopatra, and Prokofiev’s legendary Romeo and Juliet, you are invited to truly celebrate life! Booking your place for this concert in Lille : http://www.onlille.com/event/20169-romeo-juliette/ ________________ discographie : CD, compte rendu critique. Mahler : Symphonie n°2 (Jean-Claude Casadesus, Orchestre national de Lille, novembre 2015, 1 cd évidence classics). Dans le premier mouvement, Jean-Claude Casadesus retrouve une partition qu’il connaît parfaitement pour l’avoir de nombreuses fois diriger et analyser. Le chef construit d’abord, un rempart progressif depuis le chant tellurique des contrebasses, porteur d’une énergie de plus en plus vive, après l’expression d’une certaine résignation coupable. La Totenfeier (Marche funèbre, requiem des illusions perdues) est ainsi magistralement exprimée dans son format spectaculaire, aux dimensions propres à celle d’un apocalypse, voire du Jugement Dernier. La baguette saisit et mesure l’ampleur des forces en présence comme l’enjeu de ce qui se joue ici : le destin d‘une vie. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2016

Hector Berlioz
(1803 – 1869)

Hector Berlioz est un compositeur, écrivain et critique français, né le 11 décembre 1803 et mort le 8 mars 1869. Il est considéré comme l'un des plus grands représentants du romantisme européen, bien qu'il récusât le terme de « romantique » qui ne signifiait rien à ses yeux. Berlioz se définissait en fait comme un compositeur classique. Sa musique eut la réputation de ne pas respecter les lois de l'harmonie, accusation qui ne résiste pas à une lecture approfondie de ses partitions. On y découvre, paradoxalement, que Berlioz respecte les fondements historiques de l'harmonie datant du xvie siècle (règles régissant les mouvements contraires et conjoints), mais qu'il s'affranchit parfois des règles supplémentaires apparues plus tardivement et esthétiquement discutables (règles de modulation cadentielle entre autres).



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