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Musique classique et opéra par Classissima

Hector Berlioz

mardi 31 mai 2016


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Aujourd'hui

ENTRETIEN avec Arie Van Beek

Classiquenews.com - ArticlesENTRETIEN avec Arie Van Beek. De la percussion formatrice à la direction créative : Arie Van Beek, un grand parmi les grands. A la veille de son concert à la tête de l’Orchestre Poitou-Charentes, Arie Van Beek nous a reçu à l’Hôtel de Poitiers où il était installé le temps de son séjour. Avec le prestigieux chef néerlandais, et dans une ambiance très décontractée, nous avons évoqué sa carrière (entre trois pays : les Pays Bas, la France et la Suisse) et le concert du lendemain. UNE CARRIERE BIEN REMPLIE. «Je suis né à Rotterdam et j’y ai fait toutes mes études. Avec un père chef d’orchestre et une mère artiste lyrique, j’étais prédisposé à faire de la musique.» Nous dit Arie Van Beek en préambule. «Mes études achevées, j’ai été percussionniste dans l’Orchestre Philharmonique de la radio néerlandaise. J’avais 21 ans; quatre ans plus tard je suis passé de l’autre côté, et je suis devenu chef d’orchestre moi aussi. Cependant, je pense que pour être un bon chef d’orchestre, il faut d’abord faire partie de l’orchestre en tant qu’instrumentiste pour voir comment cela se passe entre instrumentistes mais aussi entre les musiciens et le chef. Ce sont des relations à la fois très simples mais aussi très complexes», conclut Arie Van Beek. Puis le chef enchaîne: «Je suis arrivé à la tête de l’Orchestre d’Auvergne en 1994 et j’y suis resté jusqu’en 2011. A ce moment là, on m’a proposé de prendre la direction musicale de l’Orchestre de Picardie. Ce que j’ai accepté volontiers.». Et quand nous lui demandons comment il est passé de l’Auvergne à la Picardie, il nous confie avec amusement : «Le bouche à oreille a bien fonctionné, le «blabla» m’a fait connaître et permis de prendre la direction musicale de l’Orchestre de Picardie. Vous savez, le bouche à oreille fait souvent plus et mieux que les auditions ou les agents artistiques. Mais ne nous y trompons pas, j’ai aussi un agent». Dynamique, Arie Van Beek est aussi le directeur musical de l’Orchestre de Chambre de Genève. «Je navigue entre trois pays : la France, la Suisse et les Pays-Bas où j’enseigne au Conservatoire Supérieur de Musique de Rotterdam, ma ville natale.» Le concert avec l’Orchestre Poitou-Charentes «Ce n’est pas ma première collaboration avec l’Orchestre Poitou-Charentes. La première fois que j’ai dirigé cet orchestre, c’était en 2001; Jean-François Heisser venait tout juste d’arriver à la tête de l’Orchestre. Cette première collaboration s’est très bien passée, et par la suite il m’est arrivé de revenir avant cette série de concerts», nous dit le chef qui complète : «C’est un orchestre que je dirige avec plaisir; l’ambiance est excellente et je m’entends très bien avec les musiciens. Le programme de ce concert est très hétéroclite mais cohérent car le thème en est l’eau, la nature, la chasse. Nous avons pioché des œuvres dans chaque grande période de l’histoire de la musique, de la période baroque jusqu’à nos jours. Water Music de Haendel dure une heure; il était donc compliqué de jouer la totalité de l’oeuvre, c’est pourquoi nous ne jouerons que la Troisième Suite, – la dernière, qui dure 10 minutes. Avec Water Music, nous entrons directement dans le cœur du thème en allant dans l’univers maritime. Les Nuits d’été de Berlioz sont une promenade aussi bien forestière que lacustre. Ces nuits d’été sont d’ailleurs une double première puisque Gaëlle Arquez chante le cycle pour la première fois; c’est aussi la première fois que je la dirige. Berlioz a composé son cycle pour plusieurs voix différente : alto, baryton … mais pour des raisons évidentes de coût, c’est un même artiste qui chante les six mélodies du cycle» précise le chef néerlandais visiblement enchanté de cette collaboration. Il poursuit : «Tiger, le concerto pour orchestre de Schoeller, est plutôt une œuvre animale, mais elle est passionnante à diriger. Quant à Haydn avec sa symphonie n°73, c’est la chasse qui prend toute la place. Ceci dit c’est surtout dans le dernier mouvement, avec les cors de chasse, que la thématique cynégétique se manifeste avec le plus de force». Arie Van Beek est un chef inclassable tant il se met avec plaisir et gourmandise au service des œuvres qu’il dirige. Chef généreux et enthousiaste, Arie Van Beek est aussi un excellent musicien qui ne manque jamais une occasion de partager son amour de la musique avec ses interlocuteurs. Bien qu’il soit très sollicité, nous espérons le revoir bientôt à la tête de l’Orchestre Poitou-Charentes. Propos recueillis en mars 2016

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25 mai

Shakespeare intime avec Isabelle Druet

Besançon. Théâtre Ledoux. 19-V-2016. Shakespeare songs. Mélodies sur des textes de ou d'après William Shakespeare. Hector Berlioz (1803-1869) ; Johannes Brahms (1833-1897) ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) ; Mario Castelnuovo-Tedesco (1895-1968) ; Gioacchino Rossini (1792-1868) ; Franz Schubert (1797-1828) ; Robert Schumann (1810-1856) ; Hugo Wolf (1860-1903) ; Jean Sibelius (1865-1957) ; Ernest Chausson (1855-1899) Ivor Gurney (1890-1937) ; Eric Wolfgang Korngold (1897-1957). Isabelle Druet, chant ; Anne Le Bozec, piano.




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11 mai

PARIS. Nouveau Lear à Garnier

PARIS, Palais Garnier : LEAR d’Aribert Reimann : 23 mai-12 juin2016. Nouveau spectacle à partir du 23 mai au Palais Garnier. VIEILLARD DETRUIT… Le Palais Garnier à Paris, remonte un ouvrage qui n’y avait pas été produit depusi sa création en … 1982, soit il y a 34 ans… Lear impose chez Shakespeare, la figure d’un roi prêt à renoncer, pour qui le pouvoir n’est que vanité et dont la généreuse tendresse pour ses proches – ses trois filles aimées, aimantes- l’amène à offrir le pouvoir au risque de transformer ses propres enfants, en monstres dénaturés, parfaitement barbares, entre eux, et aussi contre celui qui leur a donné la puissance. C’est entendu, le pouvoir et la politique rendent fou : ils transforment ceux qui devraient servir les autres, en tortionnaires habiles et masqués. La politique crée des monstres cruels et sadiques, déshumanisés. Rien n’est comparable à la peine solitaire d’un père qui a malgré lui suscité la transformation infecte de ses descendants. ‘enfer est pavé de bonnes intentions et Shakespeare dévoile tout ce qui menace l’ordre social et la famille. Les deux pères Lear et Gloucester qui a pris son parti se répondent dans leur impuissance : le premier est errant, en vain défendu par les français ; le second, déchiré et détruit par ses deux fils. Mais dans ce sombre tableau qui engage les morts sans compter, la figure d’Edgar, le fils illégitime se dresse contre l’ignominie. C’est lui quisauve son père du suicide et tue l’indigne frère Edmond qui était devenue l’amant et le général de l’odieuse fille ainée de Lear, Goneril. Le mythe du vieillard politique dévoilant l’infecte réalité humaine au soir de sa vie a suscité bien des envies musicales, surtout des velléités légendaires : Berlioz (ouverture), Debussy (essais de musique de scène pour André Antoine), surtout Verdi, habité, terrifié par le sujet (à Mascagni : ” je reste épouvanté par le tableau du vieillard détruit solitaire sur la lande…”), dès 1843, mais toujours désespéremment sec à son égard, comme dépassé par le souffle et la vérité shakespearienne qui s’en dégagent. C’était compter sans l’intuition visionnaire d’un baryton ayant mesuré l’épaisseur et la démesure troublante d’un personnage taillé pour son chant intérieur et racé : Dietrich Fischer Dieskau ; le diseur légendaire sollicite d’abord Britten, puis le pianiste qui depuis 1957 avait coutume d’accompagner de grands chanteurs, soit Aribert Reimann né en 1936, lequel se montre réservé, mais lui-même hanté par le sujet et saisi par la prose de Shakespeare, passe à la composition, en particulier lorsque l’Opéra de Munich par un hasard heureux, confirme en 1975 la nécessité d’écrire un nouvel opéra, en passant une commande officielle dans ce sens à Reimann. L’opéra sera créé en en juillet 1978 avec Dietrich Fischer Dieskau dans la mise en scène de Jean-Pierre Ponnelle. A Paris, pour ce printemps où l’on fête les 400 ans de la mort de William Shakespeare, le metteur en scène fantasque et délirant catalan, Calixto Bieito aborde la figure du vieillard saisi par l’effroi, avec Bo Skovhus dans le rôle bouleversant de Lear. La production shakespearienne à Garnier est d’autant plus attendue que Bieito a fait ses débuts au Festival de Salzbourg avec une mise en scène de Macbeth, puis d’Hamlet au Festival international d’Edimbourg en 2003. LEAR d’Aribert Reimann OPÉRA EN DEUX PARTIES Créé à Munich en 1978 MUSIQUE : Aribert Reimann (né en 1936) LIVRET : Claus H. Henneberg D’APRÈS William Shakespeare, King Lear En langue allemande Surtitrage en français et en anglais Fabio Luisi, direction musicale Calixto Bieito, mise en scène KÖNIG LEAR : Bo Skovhus KÖNIG VON FRANKREICH : Gidon Saks HERZOG VON ALBANY : Andreas Scheibner HERZOG VON CORNWALL : Michael Colvin GRAF VON KENT : Kor-Jan Dusseljee GRAF VON GLOSTER : Lauri Vasar EDGAR : Andrew Watts EDMUND : Andreas Conrad GONERIL : Ricarda Merbeth REGAN : Erika Sunnegardh CORDELIA : Annette Dasch NARR : Ernst Alisch BEDIENTER : Nicolas Marie RITTER : Lucas Prisor 7 représentations du 23 mai au 12 juin 2016 (3h, dont un entracte) En langue allemande, surtitrée en anglais et en français lundi 23 mai 2016 – 19h30 jeudi 26 mai 2016 – 19h30 dimanche 29 mai 2016 – 14h30 mercredi 1er juin 2016 – 20h30 lundi 6 juin 2016 – 19h30 jeudi 9 juin 2016 – 19h30 dimanche 12 juin 2016 – 19h30 INFORMATIONS / RÉSERVATIONS par Internet : www.operadeparis.fr par téléphone : 08 92 89 90 90 (0,34€ la minute) téléphone depuis l’étranger : +33 1 72 29 35 35 aux guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille tous les jours de 11h30 à 18h30 sauf dimanches et jours fériés Concertini d’accueil Dans les minutes qui précèdent le début des représentations de Lear, des musiciens de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris offrent de petits concerts qui mettent à l’honneur Aribert Reimann dans les espaces publics du Palais Garnier (accès gratuit pour les spectateurs de la représentation). Radiodiffusion sur France Musique le 18 juin 2016 à 19h08 dans l’émission Samedi soir à l’opéra Pour imaginer en fin d’action, son vieux héros, seul, errant sur la lande, abandonné et trahi par tous, Shakespeare imagine une action de très ancienne mémoire, se déroulant 800 ans avant l’ère chrétienne : il s’inspire notamment de L’Historia regum Britanniae, rédigée au XIIe siècle par l’historien gallois Geoffroy de Monmouth, surtout des Chroniques d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande (1587) de Raphael Holinshed. En terres celtiques, le roi de l’île de Bretagne, Leir, paraît tantôt en potentat, tantôt démuni, victime du pouvoir, père aimant pour des fils ingrats… La Tragédie du Roi Lear de Shakespeare est créée le 26 décembre 1606 au Palais de Whitehall à Londres en présence du Roi Jacques Ier d’Angleterre. En 1977, les réalisateurs et metteurs en scène Peter Brook ou Roman Polanski (respectivement dans leur adaptation de Lear et de Macbeth au cinéma) ont souligné la puissance visionnaire du drame shakespeare, sa justesse et son discernement… ils soulignent combien le regard de Shakespeare sur la folie dérisoire des hommes les a conduit effectivement aux pires sévices barbares du XXè… Reimann se joue des écritures anciennes (classiques et tonales, primitive et dodécaphoniste) pour constituer à l’instar du polonais Krzysztof Penderecki, un drame théâtral en musique, où perce le chant spectaculaire et puissant des percussions, – ou le choc de blocs sonores, qui sont autant de jalons marquant l’avancée inéluctable du drame tragique. Ecriture prenante, houle instrumentale particulièrement saisissante par ses effets dramatiques, la partition de Lear convoque concrètement les tensions destructrices qui agissent et mènent le roi dépossédé, blessé sur les rives de la folie… (scène de la tempête où le Roi bascule dans le cri et la déchirure intérieure, quand à l’orchestre un bloc de 50 cordes s’effiloche graduellement en un chant solitaire, celui ultime de la contrebasse. Ses deux dernières créations lyriques les plus marquantes, sont Bernarda Alba Haus (sur le texte de Garcia Lorca) en 2000 ; puis Medea (d’après la pièce de Franz Grillparzer), commande du Staatsoper de Vienne en 2010, est consacré « World Première of the Year » par le magazine Opernwelt. ARGUMENT PREMIÈRE PARTIE. Le roi Lear convoque ses proches et les courtisans : il renonce au pouvoir en faveur de ses filles : Goneril, Regan et Cordelia, si elles lui témoignent leur affection et sont prêtes à partager le pouvoir. Seule Cordelia, la plus jeune, garde le silence : Lear l’exile et lui fait épouser le roi de France. Sa part échoit à ses ainées : Goneril et Regan. Lesquelles ne tardent pas à montrer leur vrai visage : une guerre pour concentrer le pouvoir se précise : le père encombrant est même chassé : errant sur la lande, en pleine tempête… Lear n’a plus que Kent et le fou comme fidèles amis. Reimann suit Shakespeare dans son évocation terrifique, gothique, fantastique d’un roi déchu, d’un père trahi et renié. Sauveur imprévu, Gloucester paraît pour sauver le roi. DEUXIÈME PARTIE. Le duc de Cornouailles et Regan torturent Gloucester qu’ils ont fait prisonnier. Ils lui arrachent les yeux. Aveugle, Gloucester comprend la réalité de l’espèce humaine : une bête vouée à la destruction collective. Il faut être dans le noir pour mieux voir. Son fils Edmond est devenu l’amant et le général de la reine Goneril. La France débarque à Douvres pour replacer sur le trône Lear qui accueilli par les français est soigné dans leur camp par Cordelia : Lear reconnaît sa fille et lui demande pardon. Edgar le fils illégitime de Gloucester, sauve son père qui voulait se suicider en se jetant d’une falaise. Mais Edmond bat les français : il fait assassiner Cordelia. Goneril empoisonne sa sœur Regan. Enfin Edgar, l’illégitime tue son frère Edmond en duel : Goneril se suicide et Lear paraît enfin, portant le cadavre de Cordelia…



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4 mai

Compte-rendu,concert.Toulouse,Halle-Aux-Grains,le 29 avril 2016. Berlioz: Roméo et Juliette.Tugan Sokhiev,direction.




Quelle soirée! Ce n’est pas la première fois que Tugan Sokhiev dirige cette admirable partition,car il l’a donnée en février à Berlin ; toutefois il se dégage de son interprétation toulousaine, une vitalité et une urgence dramatique qui a quelque chose de la fougue romantique assumée qui convient parfaitement à la tragédie la plus aimée de Shakespeare.Il me semble que cette adaptation de la pièce de Shakespeare, en une forme inouïe nommée symphonie dramatique mais qui dure près de deux heures, avec son mélange baroque de genres est la plus aboutie de toutes les illustrations musicales ou opératiques de cette tragédie. La poésie conservée de cette histoire d’amour et de cette histoire de guerre si édifiante, la liberté laissée à l’auditeur pour construire son propre monde et partager les émotions de Roméo et Juliette, de cette haine dévastatrice et folle si présente encore aujourd’hui, … tout cela produit un moment rare. Chapeau bas! 
Tugan Sokhiev éblouit dans Berlioz amoureux inspiré par Shakespeare : splendide Roméo et Juliette à Toulouse 
Tugan Sokhiev aime Berlioz et il le prouve une nouvelle et belle fois! Après ce même Romeo et Juliette donné à Berlin en février 2016, il a dirigé le Requiem au Bolschoï, et s’apprête à conduire dans ce même théâtre, la Damnation de Faust en juillet prochain. Il aime et comprend la partition fleuve de Berlioz comme peu le savent. Car dès les premières mesures de la fugue lancée par les alti, nous somme pris dans une aventure dont personne de sortira tout à fait le même. La beauté de la partition est fulgurante, son intelligence et sa modernité aussi. La partie centrale est cette incroyable scène d’amour à l’orchestre, plus belle que tous les duos d’opéra du monde tant Berlioz fait chanter son orchestre. Ce bijou central a été dirigé si admirablement par Tugan Sokhiev, suivi comme si leur vie était en jeux par tout son orchestre et le chœur, que le temps suspendu, a permis un retour en soi pour les amoureux de l’amour. Si ce moment crucial et central demeurera dans ma mémoire je crois qu’il est impossible de décrire tout ce qui fait la beauté et la richesse de cette symphonie dramatique. La forme est si originale et si habile à nous conduire vers la poésie de Shakespeare que je ne prendrai que deux exemples.

L’utilisation des voix solistes est d’une invention incroyable. La mezzo-soprano dans un moment qui tient à la fois du récitatif et de l’air, dans un légato à l’élégance suprême accompagné surtout par la harpe, incarne la sympathie et la bonté, la foi en l’humanité, en la poésie. Elle s’adresse au public ainsi : 

Quel art, dans sa langue choisie, Rendrait vos célestes appas ? Premier amour ! N’êtes-vous pas Plus haut que toute poésie ? Ou ne seriez vous point, dans notre exil mortel, Cette poésie elle-même, Dont Shakespeare lui seul eut le secret suprême Et qu’il remporta dans le ciel ! Si d’autres textes français chantés peuvent toucher ou trop souvent faire sourire voir rire,le texte d’Emile Deschamps est d’une grande qualité tout du long. Son patient travail avec Berlioz semble porter les fruits d’une modestie de ses mots face au génie né à Stradford-upon-Avon, qui du coup révèle la poésie par la musique, faisant pour quelques temps taire la guerre entre parole et musique. 
Lors de ce qui s’apparente à un deuxième couplet, la manière dont Berlioz fait chanter sotto voce les violoncelles, est admirable de suggestion de la chaleur de la passion amoureuse naissante. La mezzo-soprano québécoise Julie Boulianne est absolument parfaite. Voix au timbre profond mais sans vibrato large, jeunesse de couleur, et diction fluide permettent d’adhérer à son empathie pour les héros. Son souffle long et ses phrasés admirablement élégants sont d’un idéal de chant français trop peu souvent atteint.
Le ténor a une très courte intervention et son air fuse. L’art avec lequel le ténor français Loïc Félix, arrive à garder toute l’élégance de Mercucio dans son chant prestissimo est un vrai régal. Pas une syllabe qui ne soit claire comme le cristal, le tout dans un chic incroyable et avec une voix au timbre de miel. C’est un très beau passeur pour le songe de la reine Mab qui ne peut s’oublier. 
Ainsi l’originalité avec laquelle sont traitées les voix soliste permet toutefois aux interprètes de briller. Le dernier à intervenir pour l’immense final est la voix grave de Frère Laurent. Cette page opératique, véritable dialogue entre le personnage et le choeur, est la seule concession au vieil opéra, mais à quel niveau de perfection! L’exhortation à la paix, obtenue de longue lutte par le moine est un bras de fer vocal admirablement écrit par Berlioz qui ne met pas en danger son chanteur face à la vaste foule mais lui permet par une écriture habile de dominer le chœur de plus de 80 personnes. Patrick Bolleire, plus baryton que basse a l’autorité nécessaire mais peut être pas le charisme de beauté de timbre qu’un José van Dam a su y mettre. La voix est franche d’émission et la diction suffisamment précise pour en imposer et obtenir ce fabuleux serment de paix. Tugan Sokhiev a su porter haut ce final en terme de tension dramatique et d’espoir. N’avons nous pas toujours et toujours besoin de cette paix ? 

Le choeur est lui aussi utilisé de manière particulière par Berlioz. Petit chœur ou grand chœur. A capella ou à peine accompagné par la harpe, soutenu par un orchestre immense ou final dramatique puissant. Il tient à la fois du chœur antique et moteur actif du drame. Le chœur catalan Orfeon Donostiarra, admirablement préparé par son chef, José Antonio Sainz Alfaro, a rendu hommage au génie de Berlioz dans toutes ses facettes. Porté par la direction sensible à main nue de Tugan Sokhiev, il a su donner en émotion, distance descriptive ou sentiments humains tout ce qui construit la dramaturgie de l’œuvre. Seul petit regret la diction n’a pas permis de tout comprendre.Mais quelle splendeur sonore!

L’orchestre du Capitole a été merveilleux, impossible de décrire chaque moment superbe des solistes. Les violons ont été royaux autant dans les piani et les phrasé aériens, les effets magiques de la reine Mab, que dans la violences déchirante du final avec des traits comme des coups d’épée. Les violoncelles amoureux ont été voluptueux. Un exemple de l’orchestration inouïe de Berlioz: cette plainte dans la scène du tombeau portée par quatre bassons, le cor anglais et les cors alternativement. Cela construit une sonorité lugubre et belle, fascinante en sa lumière noire et inoubliable.
Berlioz peut compter sur un chef et un orchestre de toute première grandeur. Tugan Sokhiev et l’Orchestre National du Capitole ont été magnifiques ce soir. Chapeau bas! Grande soirée Berlioz et bel hommage aussi à Shakespeare. 


Compte-rendu,concert.Toulouse,Halle-Aux-Grains,le 29 avril 2016.Hector Berlioz(1803-1869): Roméo et Juliette, symphonie dramatique,op.17; paroles d’Emile Deschamps. Julie Boulianne,mezzo-soprano; Loïc Félix,ténor; Patrick Bolleire,basse; Choeur Orfeon Donostiarra (chef de chœur: José Antonio Sainz Alfaro); Orchestre National du Capitole de Toulouse. Tugan Sokhiev,direction.

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4 mai

La jeunesse dorée de Deutsche Grammophon

Ferenc Fricsay, intégrale des enregistrements chez Deutsche Grammophon - Volume 2 : Œuvres vocales de Béla Bartók (1881-1945), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Georges Bizet (1838-1875), Johannes Brahms (1833-1897), Paul Dukas (1865-1935), Umberto Giordano (1867-1948), Christoph Willibald von Gluck (1714-1787), Charles Gounod (1818-1893), Joseph Haydn (1732-1809), Zoltán Kodály (1882-1967), Ruggiero Leoncavallo (1857-1919), Gustav Mahler (1860-1911), Felix Mendelssohn (1809-1847), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Carl Orff (1895-1982), Giacomo Puccini (1858-1924), Gioacchino Rossini (1792-1868), Johann Strauss II (1825-1899), Igor Stravinsky (1882-1971), Giuseppe Verdi (1813-1901), Richard Wagner (1813-1883). Divers chanteurs (dont Irmgard Seefried, Maria Stader, Rita Streich, Dietrich Fischer-Dieskau, Josef Greindl, Ernst Haefliger) ; RIAS-Kammerchor, Chor der St. Hedwigs-Kathedrale, Chor der Bayerischen Staatsoper, Chor der Wiener Staatsoper ; RIAS-Symphonie-Orchester, Radio-Symphonie-Orchester Berlin, Berliner Philharmoniker, Bayerisches Staatsorchester, Wiener Philharmoniker, direction : Ferenc Fricsay. 1 coffret 37 CD + 1 DVD Deutsche Grammophon 4794641. Enregistré entre novembre 1949 et novembre 1961 à Berlin, Munich, Salzbourg. ADD [mono/stéréo]. Notices bilingues (anglais, allemand) bonnes. Durée : 39 h 51’54. Deutsche Grammophon – L’ère mono 1948-1957. Œuvres de Johann Sebastian Bach (1685-1750), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Georg Anton Benda (1722-1795), Hector Berlioz (1803-1869), Dmitri Stepanovitch Bortnianski (1751-1825), Johannes Brahms (1833-1897), Anton Bruckner (1824-1896), Frédéric Chopin (1810-1849), Dmitri Chostakovitch (1906-1975), Claude Debussy (1862-1918), Gaetano Donizetti (1797-1848), Antonín Dvořák (1841-1904), Manuel de Falla (1876-1946), Christoph Willibald von Gluck (1714-1787), Morton Gould (1913-1996), Alexandre Gretchaninov (1864-1956), Edvard Grieg (1843-1907), Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Joseph Haydn (1732-1809), Paul Hindemith (1895-1963), Leoš Janáček (1854-1928), Édouard Lalo (1823-1892), Jean Langlais (1907-1991), Franz Liszt (1811-1886), Albert Lortzing (1801-1851), Augusta Mana-Zucca (1885-1981), Felix Mendelssohn (1809-1847), Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Darius Milhaud (1892-1974), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Sergueï Prokofiev (1891-1953), Giacomo Puccini (1858-1924), Sergueï Rachmaninov (1873-1943), Maurice Ravel (1875-1937), Max Reger (1873-1916), Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908), Gioacchino Rossini (1792-1868), Albert Roussel (1869-1937), Pablo de Sarasate (1844-1908), Othmar Schoeck (1886-1957), Hermann Schroeder (1904-1984), Franz Schubert (1797-1828), Robert Schumann (1810-1856), Bedřich Smetana (1824-1884), Richard Strauss (1864-1949), Igor Stravinsky (1882-1971), Karol Szymanowski (1882-1937), Giuseppe Tartini (1692-1770), Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893), Ambroise Thomas (1811-1896), Alexandre Egorovitch Varlamov (1801-1848), Giuseppe Verdi (1813-1901), Richard Wagner (1813-1883), Carl Maria von Weber (1786-1826), Henryk Wieniawski (1835-1880), Hugo Wolf (1860-1903). Divers solistes, chœurs, orchestres, chefs d’orchestre. 1 coffret 51 CD Deutsche Grammophon 4795516. Enregistré entre novembre 1948 et décembre 1957. ADD [mono]. Notices trilingues (anglais, français, allemand) bonnes. Durée : plus de 50 h.

Hector Berlioz
(1803 – 1869)

Hector Berlioz est un compositeur, écrivain et critique français, né le 11 décembre 1803 et mort le 8 mars 1869. Il est considéré comme l'un des plus grands représentants du romantisme européen, bien qu'il récusât le terme de « romantique » qui ne signifiait rien à ses yeux. Berlioz se définissait en fait comme un compositeur classique. Sa musique eut la réputation de ne pas respecter les lois de l'harmonie, accusation qui ne résiste pas à une lecture approfondie de ses partitions. On y découvre, paradoxalement, que Berlioz respecte les fondements historiques de l'harmonie datant du xvie siècle (règles régissant les mouvements contraires et conjoints), mais qu'il s'affranchit parfois des règles supplémentaires apparues plus tardivement et esthétiquement discutables (règles de modulation cadentielle entre autres).



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